La peur : Nous lui avons laissé une place qui ne lui appartient pas.

 

Qui d’entre nous n’a jamais ressenti cette émotion de peur ? Une sensation d’être oppressé, d’avoir le sang qui se met à bouillir ?
De ressentir des boules au ventre, dans la gorge, d’avoir les jambes coupées, voir tremblantes dans des situations extrêmes ?
Qui n’a jamais perdu tout possibilité d’action, qui ne s’est jamais senti incapable, arrêté net dans ses désirs, dans ses rêves par ce sentiment de crainte qui l’envahit ?
Qui n’a jamais renoncé face à l’incertitude d’un résultat, sans même avoir essayé ?
Par peur de la difficulté sur le chemin, ou de ne pas avoir assez de ressources ?

La peur est omniprésente dans nos vies, elle est à la base, une émotion de survie, mais nous en avons fait une émotion de mort psychologique. Nous lui avons laissé une place qui ne lui appartient pas. Les médias, l’éducation, nos gouvernements et autres organisations l’ont très bien compris et en usent beaucoup chaque jour, pour infuser dans nos esprits cette idée que tout va mal, que tout est difficile, que c’est dangereux partout. Car la peur a cette force de vous faire passer du mode action au mode réaction. Et en mode réaction, vous n’agissez pas. Maitriser ses peurs, les remettre à leur place d’indicateur de survie est une autre façon de reprendre votre liberté. Avec vous même d’abord, puis avec tout ce qui vous entoure.  C’est une voie royale pour ne plus tomber dans les pièges de la médiatisation négative et vivre une vie heureuse, en harmonie avec vous même sans vous laisser envahir par des illusions mentales.

La peur n’est qu’une projection dans le futur d’un présent qui n’existe pas.

Femme qui regarde au loin sans peur Et bien qu’elle modifie nos perceptions, elle est cependant vécue de manière bien réelle par celle ou celui qui la ressent. Après toute ces années d’étude, d’enseignement et de recherche personnelle, j’ai pu noter 4 grandes familles de peur qui à mon sens, réunissent toutes nos peurs. J’ai pu aussi observer le fait qu’aucune peur ne restait à vie et j’en ai conclu qu’il y avait forcément un moyen psychologique de dénouer les peurs et de les faire disparaître. C’est ce que nous allons voir maintenant, en regardant chacune de ces 4 peurs et  en définissant leur algorithme mental comme j’aime l’appeler dans nos formations, pour pouvoir les stopper. J’ai souvent vécu de la peur dans ma vie, à des niveaux extrêmes, ayant à plusieurs reprises, joué avec la mort et étant passé de l’autre côté quatre fois, mais apparemment pas entièrement car je suis encore là !

J’ai analysé avec précision chacune de ces peurs. Une fois, je surfais sur les vagues de Padang Padang à Bali, la houle était très forte (en tout cas pour moi).Je pars sur la vague puis je fais un wipe out, et mon leash de board casse, me séparant de la planche. J’ai alors été propulsé sous la vague et au moment où j’ai voulu remonter, une autre vague m’a plaqué sous l’eau, puis une autre… Je sentais la peur monter en moi, une sensation que tout allait se terminer, là maintenant. J’étais terrifié, impossible de savoir quoi faire là sous cette eau, tout seul. Puis un moment je me suis dit : « C’est un beau jour pour mourir ! » et je me suis senti tout calme et paisible et j’ai alors commencé à nager en rasant le fond de l’eau. Je continuais à me dire : « C’est un beau jour pour mourir… » Je me suis fait réveiller par des Beach boys qui m’ont ranimé sur la plage.

J’avais vécu une des 4 peurs : la peur de perdre.

La peur de perdre, ce n’est pas forcément peur de perdre sa vie comme cela a été mon cas, ça peut-être aussi, peur de perdre son identité, son amour, peur de perdre ses biens, son argent, ou de perdre son temps. Il y a aussi peur de perdre la face, comme on dit, ou son travail. Quand vous vivez la peur de perdre, comme toute les peurs d’ailleurs, il convient de maîtriser l’art des contraires, et ici, la seule réponse possible, c’est de vous concentrer sur les gains possibles dus à cette pseudo perte. Dans mon cas, le gain ici, était de me dire que c’était un beau jour pour mourir. Il y a toujours quelque chose à gagner. Et même dans la perte la plus difficile à gérer, celle d’un être cher, pour l’avoir moi-même vécue plusieurs fois dans ma vie, regardez à quel point vous pouvez gagner en introspection, en connexion avec cet être alors qu’il ou qu’elle n’est plus là, regardez comment vous gagnez en contribution, en amour, en compassion, en réflexion sur vous-même et la vie tout entière, le sens de votre vie.

Pour expliquer la seconde peur, rappelez-vous le nombre de fois durant votre vie où vous avez imaginé un nouveau projet que vous n’avez pas réalisé ou pas encore réalisé ? Rappelez-vous clairement ceux pour lesquels vous aviez vraiment un fort enthousiasme, rien qu’en en parlant ou en les imaginant. A votre avis, pourquoi ces projets ne se sont-ils jamais réalisés ? Vers quoi était tourné votre esprit et vos pensées ? La réalisation finale de ce qu’on veut lancer est en règle générale assez impressionnante dans son ensemble pour notre mental et a tendance à nous faire peur au vu de tout ce qu’il y a à mettre en place. En se concentrant sans cesse sur le but,le résultat paraît être un gros dinosaure, et on génère  alors la 2ème peur :

Guerre dans yeux d'enfant qui a peur

La  peur du résultat.

Cette même peur du résultat qui dit que l’on ne peut pas y arriver. Alors, avant même de commencer et bien on laisse tomber le projet en trouvant toujours de très bonnes raisons venant justifier notre non-choix et apaiser notre peur de ne pas réussir. La peur du résultat peut être ressentie au moment de passer un examen, faire une présentation, tourner une vidéo, faire une requête, demander une augmentation à son employeur ou juste un point de clarification avec son conjoint par exemple. Ce n’est pas forcément quelque chose de grand. On peut voir cette peur souvent présente dans son quotidien. L’algorithme mental à mettre en place pour éradiquer le virus de cette peur est de se concentrer sur l’action à faire dans le présent, le What’s next, juste l’objectif à venir. Ce mouvement mental déplacera votre focus du long terme et du gros dinosaure, à l’ici et maintenant, aux 1% d’action seulement. En agissant ainsi, plutôt que de mettre votre enthousiasme et votre projet dans les oubliettes de votre mental qui germeront sous forme de regrets, vous serez déjà en train de marcher vers la réalisation de votre but. Pas après pas…

La troisième peur est la peur de manquer.

Bien que que je sois formateur de coachs holistiques et coach moi-même, je continue à avoir des sessions de coaching régulières. Mais cette fois ci, c’est moi le client. Mon coach s’appelle Maria et c’est un coach hors du commun. Elle fait partie du team des coachs d’Anthony Robbins. J’invite d’ailleurs, tout professionnel, coach ou thérapeute à avoir un coach personnel afin de pouvoir se recadrer grâce à un regard extérieur. C’est une aide précieuse pour toute personne qui travaille dans le métier de la relation d’aide, c’est une vraie collaboration d’âme à âme. Un jour lors d’une session elle me dit : alors Mika sur quoi travaillons nous aujourd’hui ?
Je lui explique le lancement de mon futur projet avec une « dead line » précise et un sentiment persistant de toujours manquer de temps pour le réaliser.
Pourtant, je lui signale à quel point je sais que le temps n’existe pas en soi et qu’il n’est qu’une émotion mais que je ne trouve pas la source de cette émotion. Alors, nous avons exploré ensemble mon agenda, j’avais moi-même anticipé en supprimant environ 30% de tâches par jour afin de m’accorder plus de temps. Mais la peur de manquer de temps continuait à persister. En discutant de ma routine journalière et particulièrement celle du soir où je passe environ 15-20 mn à faire un point de ma journée, elle me fit remarquer que dans ma quête de l’excellence je m’attachais plus aux 10% de tâches non réalisées dans la journée qu’aux 90% effectuées. Ceci générait cette sensation de manque de temps.

Cette histoire illustre l’algorithme mental à mettre en place quand vous ressentez une peur de manquer qui est de vous concentrer sur ce que vous avez. La peur de manquer peut être, par exemple la peur de manquer d’argent, d’amour, peur de manquer de volonté, de support d’autrui, peur de manquer de ressources ou d’inspiration. Maintenant voyons, la 4ème peur.
Je me rappelle d’un événement très particulier. C’était durant le tournage pour l’émission de TV TEROKA. C’est le Ushuaia asiatique. C’était le 6ème jour de tournage et nous devions tourner un accident lors d’une descente d’exploration d’un canyon avec beaucoup d’eau. La bonne nouvelle pour la chaîne c’est que l’accident est survenu réellement et j’en étais aussi l’acteur réel. Nous avons fait un vrai reality show.
Je devais m’élancer pour pouvoir traverser la gerbe d’eau en bas de la cascade, car le mouvement d’eau en bas était trop dangereux. (vous avez la scène compléte dans la vidéo au début de cet article).  Seulement, je me trouvais quelques centimètres trop haut. Lorsque je me suis élancé, je me suis fait percuter comme par un train, pour arriver tête la 1ère sur un rocher à 10 mètres plus bas.

Evanoui, sous l’eau, mon équipe m’a récupéré et je me suis réveillé totalement paralysé, bras – jambes- nuque avec une douleur horrible. Seulement il n’y avait aucune échappatoire possible avant 2 heures de progression et vu mon état, il m’était impossible de nager ou descendre en rappel. Je me sentais encore partir et à cet instant est apparu la peur de mourir ou vivre le reste de ma vie dans la douleur physique. Je voyais tout mon team désappointé. Angga, un instructeur indonésien est parti à la recherche d’une escalade possible à travers la falaise et en a trouvé une. La peur m’a de nouveau envahi me disant que je n’y arriverai pas, que ça serait vraiment trop difficile…

A ce moment je me suis rappelé mon mantra personnel. La peur, le doute, le stress, l’anxiété, la mélancolie ne sont pas des options pour moi. Alors je me suis concentré sur ce que j’avais, et les gens qui m’entouraient. Je me suis dit que j’étais toujours vivant donc que je pouvais sourire et transmettre cette joie à mon team, car si je ne montrais pas de signe de souffrance alors mon team serait motivé et ne vivrait pas non plus de peur. C’est ce que j’ai fait. Ils m’ont gavé d’anti-douleurs pour palier la douleur physique, et m’ont remonté tant bien que mal. Durant les heures qu’il nous a fallu pour atteindre le sommet, je chantais des chansons de Bob Marley pour rester dans l’ici et maintenant et mettre un peu d’humour dans cette expérience. Malgré la douleur physique, la remontée a été enjouée car nous riions de tout. Arrivé en haut, sur la terre ferme, je me suis évanoui car j’avais surement donné toute l’énergie que je pouvais. M’amener à l’hôpital était à leur portée, maintenant…

Ce jour-là, j’ai vécu la peur de l’épreuve.

La peur de l’épreuve, c’est aussi la peur de la douleur de la difficulté dans l’épreuve. L’algorithme mental à mettre en place c’est de se concentrer sur la joie, le plaisir possible que cette expérience peut vous apporter, sur la joie dans le moment présent. Quoi qu’il en soit, dés que vous ressentez une peur vous envahir, posez- vous aussitôt cette question : De quoi ai-je peur ?

L’algorithme pour maîtriser ses peursEst-ce la peur de perdre ? 
Si oui, concentrez- vous sur le gain.

Est-ce la peur du résultat ? 
Si oui, concentrez-vous sur l’objectif du moment uniquement.

Est-ce la peur du manque ? 
Si oui, concentrez-vous sur ce que vous avez.

Est-ce la peur de l’épreuve ? 
Si oui, concentrez-vous sur la joie, le plaisir que vous pouvez tirer de cette expérience.

Ne vous laissez plus contrôler par vos émotions de peur, accueillez-les, comprenez-les mais ne les laissez pas devenir maîtresses de votre vie. En agissant ainsi, les informations à répétition ayant pour seul objectif de créer en vous un climat de peur pour vous faire passer en mode « réaction et inaction » n’auront plus d’impact sur vous et vous serez alors toujours en mode action. L’action de réaliser votre vie comme vous le désirez.

Voilà, si cet article vous a motivé, je vous invite à le partager et a vous inscrire ci dessous pour continuer à nous suivre. Et n’hésitez pas à poser vos questions ou commentaires. Nos coachs et moi-même y répondrons. En attendant, continuons à apprendre, évoluer et partager ensemble.

Mika Denissot fondateur de Soul in a mind

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