Le libre arbitre existe ou pas ?

(L’article a été mis à jour le 17 août 2021).
Depuis quelques années, on entend un peu partout que le libre arbitre n’existe pas, que les actions sont presque préprogrammées et que l’individu n’a pas de poids dans sa propre vie, pas de liberté de décision. Certaines croyances en Dieu abordent aussi ce point sous un autre angle, le destin est écrit, et Dieu a déjà tracé notre route à tous, sans tenir compte de notre volonté. C’est une manière de t’inoculer tout en douceur, l’idée que tu ne peux pas être souverain de ta vie et prendre la responsabilité de tes faits et gestes. Pour beaucoup, cette idée est séduisante, car elle permet de se dédouaner de ses actions, de ne plus permettre à l’humain de corréler le contrôle de sa vie et les effets de ses décisions.

Si je n’ai pas fait de choix conscient, alors je ne peux pas être tenu responsable, car je n’ai ni raison ni contrôle.

Les idées reçues sur le libre arbitre

“NON !  Tu ne décides rien !
NON !  Tu n’as aucun pouvoir sur tes choix de vie !
OUI ! Nous influençons tes actions !”

Il est crucial de comprendre que les scientifiques qui défendent cette idée te mentent. L’omission est une forme de mensonge courante dans notre société. C’est devenu un exercice de style de chaque agent médiatique. Donner une information fausse est plus dangereux que de ne pas en donner.

Le pire ? Cela impacte toutes tes décisions !

Le libre arbitre : le point de vue des scientifiques 

Francis Crick, Prix Nobel de médecine, a écrit dans son livre « l’hypothèse stupéfiante », que nos joies, nos peines, nos intentions, nos ambitions, nos souvenirs, le sens que l’on a de notre liberté de penser, ne sont rien d’autre qu’un comportement d’un vaste assemblage de cellules nerveuses et de molécules qui y sont associées.

Dans cette analyse, on comprend que nous ne sommes qu’un tas de cellules, animées par des pulsions électriques quasi aléatoires et hasardeuses.

Les enseignements de Bouddha sur la méditation et l’esprit s’opposent directement à la vision scientifique, notamment celle du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. Il écrit dans son livre « L’homme Neuronal » que la conscience n’existe pas en tant que telle. Elle n’est que le fruit d’un phénomène biologique incontrôlable.

Dès lors, il faut considérer l’homme comme une sorte de grande calculatrice (grâce à son réseau de neurones), sans âme et sans possibilités de conscience propre.

Alors, au lieu de chanter le mantra om mani padme hum, il va falloir chanter : «  Je suis un paquet de neurones sans concept libre et ma vie n’a pas plus de sens qu’une pierre morte… »

Tout ceci est très loin de la sagesse de Bouddha. Maintenant que tu as le point de vue des scientifiques qui atteste de la non-existence de la volonté, il est bon de savoir que d’autres ont mis en place des protocoles et des exercices qui en prouvent l’existence

libre arbitre

L’expérience de Benjamin Libet sur le libre arbitre

En 1983, Benjamin Libet, neurophysiologiste et scientifique, pionnier dans le domaine de la conscience, a mis au point une expérience sur la recherche du libre arbitre, qui démontre l’existence de notre propre philosophie face au déterminisme de nous retirer notre raison.

Son étude visait à trouver la ou les zones du cerveau qui s’activaient lors d’une prise de décision. En établissant une séquence (une suite de zones), on pouvait suivre le chemin de la pensée jusqu’à déclencher une action volontaire !

Pour que tu situes bien la suite de cet article, voici le fonctionnement de cette étude pour découvrir si le libre arbitre existe ou pas.

L’organisation du test

Le sujet est placé devant un cadran divisé en soixante parties à la manière d’une grande horloge. Un point noir tourne rapidement et lorsque le sujet choisit d’appuyer, il doit indiquer le temps de l’horloge.

À partir de là, c’est un appareil bien connu de la médecine moderne qui prend le relais, l’électroencéphalogramme. Il s’agit d’un appareil qui est capable de mesurer les champs électriques du cerveau.

Plusieurs points sont notables dans cette expérience. On obtient :

  • un moment choisi par le sujet
  • une activité cérébrale avant l’action (appelé potentiel de préparation)
  • une pression du bouton par le sujet (mouvement)

Libre arbitre potentiel preparation

La courbe ci-dessus est la conclusion de ce test, voici comment la lire.

En premier, nous avons d’abord le moment choisi par le sujet pour appuyer sur le bouton (tout à gauche de l’image). S’ensuite le potentiel de préparation motrice en rouge. Il y a un début d’activité cérébrale avec une augmentation presque constante pendant 500 millisecondes. Cette activité s’emballe au moment de la prise effective de décision (le moment du libre arbitre), puis arrive le moment du mouvement lorsque l’activité cérébrale ralentit.

Lorsque l’on interroge les sujets, ils ont tous la même conclusion qui tend à rapprocher le moment du concept de prise de décision du moment de l’acte. Ils ont une perception différente du temps qui s’est écoulé depuis la réelle activité cérébrale et le potentiel de préparation motrice.

Le monde de la neurobiologie s’est penché sur cette étude et en a conclu que l’on ne possède aucun libre arbitre. La prise de décision se fait avant que l’on en ait conscience, comme en témoignent les sujets qui ont cru faire le choix plus tard que leurs cerveaux ne le montrent.

Notre cerveau perçoit les choses, notre activité cérébrale augmente jusqu’à prendre une décision issue de sa volonté. Nos muscles s’activent sous l’impulsion électrique envoyée par notre cerveau. Tout ceci à une durée d’environ 1 seconde et pourtant, nous pensons avoir la liberté et le contrôle de notre décision instantanément ou presque. Serait-ce l’aveu de notre corps qui nous pousse à croire que le libre arbitre n’existe pas ?

Si tu as suivi cet article consciencieusement, alors tu es peut-être arrivé à cette conclusion toi aussi. Il n’y a aucun mensonge dans ce que j’ai dit dans les lignes précédentes. Par contre, tout comme la science moderne qui agit avec déterminisme contre ce qui n’est pas tangible, j’ai omis (consciemment, en toute connaissance de cause et donc, par liberté de mes actes et ses effets) une part importante de l’analyse.

Interprétation de cette recherche sur le libre arbitre

experience Libet libre arbitre veto

Ce test montre que la réflexion se fait de manière inconsciente chez l’humain. On peut le voir aussi dans les études sur le Nudging, une pratique qui vise à orienter les choix d’un groupe de personnes en modifiant leur perception d’un problème simple (emprunter l’escalator ou les escaliers, choisir un menu au restaurant, recycler ses déchets, etc.). En fait ils influencent leur libre arbitre, leur actions.

Le plus important, c’est que Benjamin Libet montre que nous avons un droit de veto. Même si la décision relève de l’inconscient, nous faisons le choix de l’annuler ou le modifier avant son action effective. C’est donc un acte de volonté qui a un effet considérable.

Comment reprendre la main sur ses choix ?

Une fois la décision prise, il te reste 0,2 s pour annuler ou modifier celle-ci. Ce qui est un argument de taille, car c’est un acte de volonté delibere.

Selon Benjamin Libet, ce temps est « un état mental conscient » et c’est là que se cachent notre capacité de raison et notre philosophie.

Ce temps ne correspond à rien de physique, de mesurable et de tangible pour nous (d’où son éviction par les scientifiques), mais il existe cependant.

En fait ce champ serait détectable uniquement en termes d’expériences subjectives, accessible seulement à l’individu qui vit ce moment.

Finalement, comme le disait Bouddha, il faut être dans l’ici et maintenant. Cela nous place dans un niveau de conscience élevé. C’est ici que se trouve notre vraie nature.

test 6 besoins humains

Le champ de conscience ou le voyage dans le temps lié au libre arbitre

Benjamin Libet va encore plus loin dans ses travaux sur la conscience. Il a découvert que la conscience pouvait remonter le temps. Impossible ?

L’étude experimentale consiste en plusieurs étapes. D’abord, stimuler le doigt du sujet avec un faible courant électrique et mesurer le temps de perception. Dans une autre partie, avec l’accord de patients qui allaient subir une opération stimulant la zone du cortex qui reçoit les sensations tactiles et observé les effets.

Lors de l’étude experimentale au niveau du doigt, le sujet perçoit le courant après seulement 25 ms. En comparaison, lors de l’action directe sur le cortex, ce temps passe à 500 ms ! C’est plus que surprenant à ce stade. Un temps 20 fois plus long alors que l’on écarte le temps de passage de l’information du doigt au cerveau !

La mesure de l’activité cérébrale va à l’encontre de ce test, car au moment de la perception, l’activité neuronale est encore trop faible pour en avoir conscience et cela se produit environ 500 ms après. Le « temps de réaction » de notre conscience reste donc stable à 500 ms. La science moderne se confronte à un mur devant de telles expériences qui vont au-delà de la raison.

Pour Benjamin Libet, notre esprit à la liberté de remonter le temps dans un monde non physique et d’antidater la sensation, il parle alors de « champ de conscience ». Il rend encore plus ténue la frontière entre philosophie et science.

Alors que dire sur le libre arbitre ?

En tenant compte de toutes ces informations, tu peux maintenant te faire ton propre concept de ce qu’est le libre arbitre chez l’humain, ses causes et sa liberté de contrôle dans sa vie. La clé réside dans l’écoulement du temps, car notre conscience semble pouvoir s’en affranchir.

L’inconscient ne devient alors qu’un instant de notre conscience auquel nous n’avons pas encore accès. L’époque que nous vivons est particulièrement difficile pour elle. Que ce soit par l’effet d’une croyance en Dieu ou par les médias, tous veulent nous retirer notre capacité à faire des choix.

L’être humain peut choisir. À un instant donné, il a accès à toute son expérience passée, à son envie présente et à la conscience d’un « soi » futur. Ne sombre pas dans un comportement attentiste en te laissant uniquement guider par le hasard et sans volonté.

Accepter la responsabilité de ses actes permet de s’ancrer dans le présent. Faire ses propres choix, ses erreurs, faire confiance à son intuition et réfuter une pensée d’autrui qui s’immisce, presque comme de l’inception.

Il faut être dans l’ici et maintenant

Alors si tu veux expérimenter une méditation de conscience modifiée, je t’invite à la télécharger via ce lien.

Technique de méditation anapanasati

Mais attention ! Avant de cliquer pour la télécharger, demande-toi bien si c’est de ton libre arbitre que tu le fais ou si cela vient de moi. ☺

 

Mika Denissot

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