Une communauté avec une résilience élevée depuis 1368 nous parle d’une autre facette de la pandémie

Il y a 2 ans avec ma femme nous sommes allés visiter CiptaGelar, une communauté résiliente, en nourriture, eau et électricité depuis 1368 avec plus de 30 000 personnes.

Ils ont un concept existentiel accueillant la loi du vivant, et coexistent dans une résilience parfaite ou chaque individu œuvre pour la communauté.
Ils vivent en harmonie avec ce qui les entourent, suivant les lois et traditions de leurs ancêtres dans le visible et l’invisible.

Aller voir d’abord la  vidéo de présentation de 6 minutes, que nous avions faite à leur sujet.

Notre accueil a été tel, que nous avons aussitôt ressenti que nous faisions partie de la même famille de l’humanité. Nous avons dormi chez Pak Yoyo et sa femme Umiku. Pak Yoyo est en quelque sorte, le porte-parole des habitants de Ciptagelar, parlant le bahasa Indonésia et l’anglais.
Depuis, nous sommes toujours restés en relation et, avec ma femme, nous avons l’intention d’effectuer un séjour plus prolongé prochainement.

Un vrai questionnement sur la résilience concernant la crise du moment.

Le mois dernier, j’ai contacté Pak Yoyo pour lui poser 4 questions concernant la crise actuelle que nous vivons, liée au Corona Virus, et lui ai demandé son avis d’un point de vue pratique et philosophique. Je voulais entendre son histoire, l’attitude qu’il prenait face à cette épreuve que nous vivons tous.

  1. Est-ce qu’à Ciptagelar, dans votre communauté de 30 000 personnes, vous avez eu des cas de Corona et des personnes qui en sont mortes ?
  1. Est-ce que la communauté de Ciptagelar applique des règles comme le port du masque ou la distanciation sociale, au quotidien ?
  1. Que représente le Virus actuel du point de vue de la philosophie de Ciptagelar ?
  1. Pourquoi, à votre avis, les gens craignent le virus et sont gouverné par leur peur, et non par leur raison ?

A l’heure où je m’exprime, en 652 années ils ont eu la capacité de surmonter nombre de malheur, et ont réussi par résilience, ce que beaucoup d’autres communautés essaient d’animer, mais sans vraiment de résultat. Leur histoire et la façon dont il aborde l’existence a donc du sens.

Une communauté exemplaire de résilience

cita gelar

Le chef qui est aussi le chef spirituel appelé ABAH et Pak Yoyo, et sa communauté, sont exemplaires, par leur mode existentiel résilient, leur psychologie et leur sagesse. Ce qui fait que nous sommes ici sur terre, en tant qu’humains connectés à notre environnement, au climat, sur un territoire de résilience, notion chère à Boris Cyrulnik.

Je remercie du fond du cœur Pak Yoyo d’avoir pris sur son temps pour enregistrer ces réponses, un message du cœur qu’il adresse à chaque personne, adulte ou enfant, à ceux et celles qui sauront ouvrir le leur.

Des cas de COVID19 à Ciptagela?

  1. Est-ce qu’à Ciptagelar, dans votre communauté de 30 000 personnes, avez-vous eu des cas de Corona et des personnes qui en sont mortes ?

Bonjour, je m’appelle Yoyo Yogasmana de la Communauté de Ciptagelar.
Pour parler du virus corona, chez nous, il n’y a pas de cas de personnes qui ont été affectées par le corona. Donc, avec le Covid-19, nous continuons à mener nos activités sans risque, ce que vous appelez travail, nous sommes dans une zone verte et sûre, nous avons donc la capacité de faire notre travail normalement.

Les règles à suivre à Ciptagela face au COVID19

  1. Est-ce que la communauté de Ciptagelar applique les lois comme le port du masque ou la distanciation sociale au quotidien ?

Ici, la loi vis-à-vis de la situation actuelle, et que nous n’utilisons pas de masque, sauf si l’on descend en ville à Pelabuhan Ratu, et uniquement par respect. Nous n’appliquons aucune distanciation sociale car nous avons beaucoup d’activités, de travail, qui nécessitent une interaction entre les résidents, suivant nos lois et traditions ancestrales, pour des actions en communs.

 Représentation du virus d’un point de vue philosophique

  1. Que représente le corona virus du point de vue de la philosophie de Ciptagelar ? Pourquoi est-il apparu ?

Chez nous, ce qui est important, c’est de comprendre l’origine du virus lui-même. Dans nos traditions, nos lois, les conséquences d’aujourd’hui proviennent de causes du passé. Quand quelque chose peut être affecté où avoir un impact sur l’environnement, c’est qu’il y a généralement une raison d’être, ce sont des notions issues de nos traditions et lois.

  •   Alors pourquoi ce virus?

Il nous rappelle ce qu’est le processus de la vie, il en parle, parce que le virus est un tout petit être vivant, invisible à l’œil nu. Il semble que le virus aujourd’hui, fait un appel aux humains et aux enfants de la terre.

Un virus faisant appel aux humains…. Mais pourquoi ?

  •  Savez-vous pourquoi?

car les humains ont oublié la valeur de la fraternité,

il n’y a plus le respect des uns pour les autres dans la communauté humaine, donc plus de respect pour elle-même, les individus ne savent plus qui ils sont, ni qui est leur réelle famille. Le concept même de l’esprit familiale disparait.

Tous les êtres sur terre sont frères et sœurs mais cette valeur n’existe plus, il y a des actes, des lois humaines, la gratitude, que nous avons oublié, immergés que nous sommes dans des concepts et une psychologie individualiste. En suivant cette loi individualiste, il est impossible d’être résilient, et chaque épreuve peut alors être source d’un nouveau traumatisme.

Dans le lieu où nous vivons, entourés de vies visibles ou invisibles, comme ces animaux qui nous entourent et que nous ne respectons plus, les rats, les cafards, les fourmis, qui vivent dans nos maisons et sont comme un malheur, des ennemis, des créatures qui nous dérangent, alors qu’ils ont aussi leurs raisons d’être. Cela est un équilibre existentiel. Mais les humains ne le réalisent plus.

Une raison et des notions simple

La raison est simple, en venant sous nos toits, pour manger ou vivre, on ne réalise pas qu’ils sont un véritable levier qui permet le bon fonctionnement de notre monde, pour développer notre résilience, connaissance perdue, quand une souris apparait l’humain la tue alors que c’est un gardien de l’écosystème.

La colle, ou le poison, pour le rongeur, le spray pour les fourmis et cafards, sans aucune notion de malheur pour le climat, pour les enfants ou la nature.

Peut-être que le virus nous dit quelque chose comme ça : les humains ne respectent pas la vie des animaux visibles et invisibles, ne sont pas résilient, ne pensent qu’à leur bien-être, leur succès, leur situation financière, leur projet. Il est primordial que ces notions changent, que les enfants grandissent avec d’autres valeurs, afin qu’ils deviennent eux aussi résilients.

Oui, ils ne respectent plus le monde qui les entourent. Et parce que les notions de science sacrée et les lois du vivant sont en train de se perdre, qu’entre les humains il n’y a plus de respect.

Merci

La peur du virus, surmonter les épreuves : la résilience

  1. Pourquoi à votre avis, les gens par peur du malheur, du virus, agissent en fonction de leur peur et non de leur raison ?

Ici, notre résilience est élevée. Nous sommes déjà préparés à faire face à quelque chose qui n’est pas attendu dans le futur, comme par exemple l’apparition actuelle du Corona, on ne parle pas de malheur, les individus et les enfants sont doucement initiés par les anciens. Nos ancêtres, nous ont ouvert au différent possible du futur, à la résilience par exemple :

Le ” TAXE SAPAR”

Herbe suspendu porte

La tradition appelée « taxe Sapar », est un rituel annuel à Ciptagelar, le mois de Sapar, caractérisé par une herbe suspendue au-dessus de la porte. C’est le signe que nous avons fini de payer notre vie humaine au « propriétaire du terrain », c’est ainsi que nous l’exprimons.

  •   Mais qu’en est-il vraiment ?

C’est une mise à jour de protection, elle se rapporte aux esprits du monde de la maya (illusion) ou celui de l’invisible. C’est ce que nous appelons « taxe sapar ».

Nos actions de charité, un processus de contribution

Une autre chose est, que nous faisons toujours des actions de charité, des dons pour ces esprits. Donner l’aumône, c’est une notion de partage. Nous qui vivons en tant qu’humains, nous devons avoir la capacité de partager avec d’autres vies, c’est pourquoi nous faisons la charité ou donnons l’aumône aux esprits qui sont autour de nous ce sont les lois du vivre ensemble, les enfants s’y initient.

Peut-être que ce virus fait également partie des « soi-disant esprits » qui vivent dans une forme de vie que nous ne pouvons pas voir à l’œil nu.

Des vivres pour demain

Autre chose, par exemple, dans la loi de Ciptagelar, nous stockons de la nourriture ou des vivres pour demain, dans une grange à riz que nous appelons leuit.

Nous gardons la récolte pour quoi ?
Pour avoir des provisions pour la vie future, et en particulier pour faire face et surmonter des évènements, par résilience, qui peuvent avoir des effets cruciaux pour d’autres vies existantes et qui sont directement liées aux nôtres

L’existence du virus corona, pour nous, n’est pas un malheur, en termes de nourriture nous avons une réserve alimentaire pour environs 90 ans, ce qui est suffisant pour l’approvisionnement des 30 000 individus. Nos lois et coutumes adaptés, en résilience, nous initient pour ne pas vivre le malheur.

La résilience : le respect de nos traditions et

Cela existe car nous obéissons aux traditions confiées par nos ancêtres qui nous ont préparés pour faire face aux évènements qui se passeront dans le futur, la résilience à ce qui est

Dans d’autres endroits, certains pourraient être affectés par le manque de nourriture, mais pas nous ! Car nous avons été préparés, la résilience, à ce qui va se passer dans le futur, durant nos vies humaines qui sont interdépendantes avec d’autres vies, dont l’une est ce virus !

Conclusion du message transmis par Pak Yoyo

Yoyo

Je vous remercie Pak Yoyo pour ce message qui nous rappelle que nous devons revenir à nos valeurs les plus sacrées en nous. Réapprendre à vivre avec la nature et non contre elle est essentiel.  Les virus, les bactéries, les animaux sont nos alliés et non nos ennemis et nous sommes totalement dépendants d’eux pour notre survie.

Il nous rappelle que la résilience et l’autonomie sont des savoirs que nous avons oubliés, nous qui ne connaissons comme moyen de nous nourrir que nos temples de la consommation, n’ayant pas appris à vivre autrement, que vivre dans la peur, qui n’est pas une vie mais une mort à petit feu. Il nous rappelle que nous faisons partie de la grande famille de l’humanité, agir en conséquences, éviterait les conflits et la division telle que nous les vivons aujourd’hui.

Je vous laisse sur ces images de vie au quotidien, de ce havre de paix, hors du temps, à haute valeur spirituelle si ce mot évoque encore ou plus que jamais, quelque chose pour vous…

(L’article a été mis à jour le 30 août 2021).

 

Mika Denissot

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