Retrouver ses valeurs à l’heure de la surconsommation

Où sont passées nos valeurs ?
Ou sont passées nos croyances ?
Nous vivons dans un monde où l’offre n’a jamais été aussi présente.
Nous vivons une époque où nous avons la possibilité de choisir comme jamais nous ne l’avons eue auparavant, mais paradoxalement nous sommes la génération la plus perdue, celle qui est le plus en quête de sens.
Car donner du sens à nos actions, c’est donner du sens à notre vie tout entière et c’est se différencier de la machine.

En prenant appui sur un essai de Marc Halèvy : «  Prospective 2015 à 2025 », il informe à juste titre, que notre courbe d’accumulation des connaissances techniques humaines est une exponentielle qui s’accélère incroyablement surtout depuis le dernier siècle.
Et avec l’arrivé des ordinateurs, des téléphones portables et de l’internet, ce phénomène s’accélère encore plus.
D’ailleurs, rien que depuis les 60 dernières années, la connaissance technique produite, est supérieure à toute la production de connaissance technique de toutes les époques qui les ont précédées.
Mais regardons clairement ce que nous sommes.

Notre connaissance humaine ne se limite pas uniquement à la seule connaissance technique, non ?
Je veux dire par là, que nous ne sommes pas des machines qui n’apprennent que via d’autres machines.
La machine, l’ordinateur n’amène pas le sens, n’offre pas de poésie ni de chaleur. Elle répond à des demandes, bien précises, à des ordres. Elle ne se pose pas la question du pourquoi. Elle le fait, point barre.
Pour vivre en harmonie avec nous-mêmes, nous avons besoin de combler ce besoin de sens. Et ce besoin ne peut être comblé que par la philosophie.

C’est la connaissance philosophique qui permet de donner le sens. Dans le terme de connaissance philosophique, j’y mets, tous les aspects spirituels, éthiques, esthétiques, colorés, artistiques et psychologiques de la pensée humaine. Et c’est justement ces aspects qui font vraiment défaut aujourd’hui.

Regardons comment fonctionne notre économie et comment nous nous comportons dans ces systèmes mis en place par d’autres que nous et que nous subissons. Nous pouvons voir qu’il y a une abondance de tout partout et sur tout.
Il n’y a pas un paquet de pâtes par exemple, mais 20 et sur une seule et même étagère.
En Indonésie, c’est la même chose pour le riz, c’est plus de 30 m de long de plusieurs marques de riz différentes sur plusieurs étages.

Quand il y a un seul produit proposé, c’est un monopole, quand il y en a deux ca devient un dilemme. Avec 3, nous avons le  choix. Mais avec 20 ou 30 ou plus, ça devient une prise de tête, une absurdité.
Car cette abondance matérielle, technique, informationnelle, liée à la cupidité, est le moteur de notre économie moderne et peut se résumer en 4 phrases :  Gagner plus, pour acheter plus, pour accumuler plus pour consommer plus.

Depuis quelques dizaines d’années, cette abondance matérielle, technique, et informationnelle a laissé place à une immense misère spirituelle qui se traduit par un sentiment de perdition.
Une étude a été faite  en 2016 par le CREDOC qui est le centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie. Cette étude ne concerne que la France. Elle indique clairement qu’en moyenne, les français passent presque 3h par jour sur internet,1h15 par jour sur les réseaux sociaux et pratiquement 1 heure par jour sur l’internet mobile. Rajoutez à ça, d’après Conso Globe, les 2h à 3h30 par jour à regarder la télévision.

Faisons alors un calcul très simple en suivant notre bon sens. Prenons juste entre le minimum, c’est-à-dire 5 heures par jour à surfer sur la toile internet, réseaux sociaux et la télévision, et le maximum soit 8 heures par jour, ça fait, 1825 heures par an, soit 76 jours et sur 40 ans ça fait 3040 jrs, soit presque 9 ans de vie et pour les addicts, ça monte jusqu’à presque 14 ans. Imaginez ce que vous pourriez devenir si, pendant 9 ans ou pendant 14 ans vous passiez ce temps à apprendre, à contribuer, à voyager, à devenir ce que vous désirez devenir…

plutôt que de vivre en mode réaction ?!
En moyenne, c’est 10 ans de vie, de votre vie que vous donnez pour alimenter des machines, des systèmes. Le pire est le click and go. Cliquer sans but précis, juste pour passer le temps. Juste pour combler un vide……
Mais un vide de quoi ?
Qu’avons-nous à combler ?…
…si ce n’est cette perte de sens, cette perte de valeur, cette perte de connexion avec soi-même, donc cette perte de connexion avec les autres et le monde qui nous entoure.

 

 

Je suis le fondateur de 4 entreprises. Et nous avons un deal avec tous les employés et collaborateurs qui sont chez nous depuis plus d’un mois. Ce deal, c’est de ne pas être connecté à un réseau quand nous travaillons sur un dossier important qui demande de la concentration. Cependant, je donne à mes employés, 2h par jour sur une journée, pour se relaxer. Ils ne travaillent que par tranche de 55 mn (qui est le temps maximal de concentration parfaite pour notre cerveau).
Pendant ces 55 mn, nous faisons ce que nous appelons des Block times, c’est-à-dire, nous nous concentrons uniquement sur ce que nous avons à faire. Mais avant tout, nous définissons Pourquoi nous devons le faire. Aucune notification, aucun téléphone, rien.

Après ces 55mn, tout le monde peut s’arrêter 10-15 mn boire, s’étirer, bouger, répondre aux attentes des autres sur leur whats-app, ou autres réseaux et rentrer à ce moment en mode réaction.
Cependant, pendant les 55 mn, ils sont pleinement en mode Action, en immersion, dans le FLOW (à 100% présents) afin d’atteindre les objectifs de leur journée.
En procédant ainsi, je n’ai que des équipes ultra productives qui savent pourquoi elles agissent ainsi.

D’après les neurosciences, notez qu’il faut en moyenne 20mn à notre mental pour se reconcentrer après avoir été déconcentré par une notification, une lecture de mail ou autre.

Faites le calcul : 3 distractions dans une heure, 20mn pour récupérer, notre concentration initiale après chaque distraction= une heure de perdue. Et cette heure de perdue, c’est avant tout du temps de vie. Notre temps de vie personnel.

Et comme je dis souvent que le travail est l’extension de notre personnalité, plus on élève la valeur de son travail et de ses actions du quotidien, plus on élève la valeur de sa propre vie, pour soi-même. Alors malgré toute la beauté de l’évolution informatique, de la communication, des interactions, nous avons été dévitalisés, dénaturés.

Nous existons jour après jour, c’est sûr. Nous faisons, nous réagissons. Mais vivons-nous ?

Est-ce que nos vies doivent se résumer à travailler trop pour gagner de l’argent, pour acheter des produits de plus en plus inutiles et de mauvaise qualité que  nous allons devoir remplacer par de nouveaux produits…?
Est-ce que nous voulons continuer à vivre dans le doute, dans l’angoisse constante, dans la peur de manquer ou de perdre ?
De ne manquer en fait que du superflu ?
Peur de perdre son emploi, sa réputation, son téléphone, son confort ?
Mais aussi torturés par la peur de la souffrance, de la mort ?

Nous vivons aujourd’hui dans un plein de tout qui n’offre aucun sens (ou du moins  que provisoire) à nos vies pourtant si courtes. Ce plein de tout, nous place dans un grand vide spirituel, un grand vide de valeur, un grand vide de sens, d’éthique, un grand vide de respect.

Mais tout ça nous dépasse complètement. Tout ce qui se passe autour de nous, va tellement vite et a un ordre de grandeur qui dépasse notre imagination. Ca nous met dans une spirale infernale, dans une course constante contre la montre, dans laquelle nous devenons NOUS, HUMAINS, de plus en plus lents par rapport au rythme exponentiel, rythme délirant, hallucinant des technologies que nous avons-nous même inventées.

Est-ce que vous arrivez à vous représenter là, maintenant, le nombre d’informations circulant sur la toile à la vitesse de 100 000 km par seconde ?
Est-ce que vous arrivez à vous représenter là, maintenant, le volume de 215 milliards d’emails envoyés par 24h sans même compter les spams ? Ces chiffres sont les chiffres de 2016 de arobase.org

Tous ces ordres de grandeur sont devenus hors de portée de notre cerveau humain, de notre compréhension analytique. Ils ne veulent plus rien dire tellement ils sont hors de notre temps humain. Ils font partie d’un autre temps celui de la machine.
Alors la question, c’est comment malgré toute cette accélération que nous avons-nous même créée, échapper à l’esclavage de ces monstres informationnels ?
Comment faire en sorte de pouvoir redevenir maître de notre vie ?
Comment nous réapproprier notre temps pour pouvoir retrouver nos valeurs, retrouver du sens à nos vie ?

Et bien, il faut faire uniquement preuve de bon sens et pratiquer cette fameuse formule de Marc Halèvy lors de l’une de ses conférences : de tout faire moins, mais mieux.
Travailler moins, mais mieux.
Manger moins, mais mieux.
Acheter moins, mais mieux.
Dépenser moins, de temps mais mieux.
Surfer sur internet moins, mais mieux.

Ensuite, il faut se poser les questions du pourquoi je veux faire ceci ? Pourquoi je veux regarder cette vidéo ?Pourquoi je veux cliquer sur ça ?

En agissant ainsi vous allez sans nul doute,  d’une part gagner du temps, du temps de vie, et d’autre part vous allez mettre de la valeur dans chacune de vos actions.
Donner de la valeurs à nos actions, à chacune de nos actions, est à mon sens, ce que nous avons le plus perdu.

D’ailleurs tous les managers et leaders le savent bien. On ne donne pas de directives à ces collaborateurs sans leur avoir expliqué le pourquoi, le sens, la valeur de ce que nous voulons mettre en place. Cela crée une connexion, un but commun, une valeur commune, quelque chose de riche.

Cette prise de conscience personnelle, cette mutation mentale doit devenir contagieuse. Bien que nous ne pouvons effectuer ce changement que dans notre propre monde, notre propre intériorité,  celui-ci aura des répercussions dans la vie de  nos proches, nos amis, notre famille, nos collaborateurs et fera grandir cette conscience collective.

Nous devons nous exercer à réinventer notre propre vie de tous les jours et ne pas nous installer dans une routine débilitante, faisant de nous des personnes en réaction, qui passent leur temps à réagir au lieu d’agir. En passant notre temps à réagir, nous perdons nos talents, notre enthousiasme, notre créativité notre joie de vivre.

Les 4 questions à se poser chaque jour sont :
Comment en faire moins mais mieux ?
Comment faire plus simple ?
Comment faire plus excellent ?
Comment donner et contribuer plutôt que prendre ?

Avec ce nouveau paradigme en marche, c’est un nouvel art de vivre qu’il nous est proposé aujourd’hui de réinventer et de mettre en place, pour rester ce que nous sommes : des êtres humains, des Ames vivantes et incarnées, avec des valeurs qui dictent nos actes. Et non des machines qui nourrissent uniquement des systèmes quels qu’ils soient.

Mika Denissot

 

 

 

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