Le drame humain : se sentir inutile

Ne rien faire, attendre, ne pas se projeter, ne pas revenir en arrière, être juste dans l’ici et maintenant : “je ne peux pas! Je dois faire quelque chose !”
C’est sur ce principe que nous sommes devenus esclaves, esclaves des autres, mais surtout esclaves de nous-mêmes.

L’ennui est un élément indissociable de la condition humaine.
L’homme est un être qui s’ennuie parce qu’il est doté de la conscience de lui-même, la conscience de sa naissance et de sa mort (même si beaucoup d’entre nous mettent cette question de côté jusqu’à la dernière minute).
Cette conscience nous inscrit dans un rapport particulier au temps.

Fuir l’ennui par le divertissement

Balancoir est un divertissement pour combattre l'ennuie

En Occident, à partir de l’époque moderne, l’homme s’attache par toutes ses activités, à fuir l’ennui.
Mais que fuit-il ? Que fuyons-nous vraiment ?

Tromper l’ennui, c’est tromper notre condition humaine, c’est, en tant qu’humain, se tromper soi-même. Toute la question est de comprendre comment cela est possible.

Vous comprendrez alors pourquoi depuis ces dernières décennies, la chose qui a pris le plus d’importance dans nos vies, c’est le divertissement : moyen général de tromper l’ennui qui est un aspect de cette pathologie humaine nommée mélancolie. Et ce divertissement massif avec ses jeux vidéos, puis sa musique, ou encore ses réseaux sociaux, son tourisme et sa mode. Sans parler de ses soldes, ses fêtes et son travail.
Ce divertissement massif, avec sa télé et sa radio, ont constitué et constituent encore une menace pour la nature humaine. C’est cette menace que nous allons aborder comme un traité philosophique, dans cet article en 5 points.

Parler de l’ennui, c’est parler de l’humain.
Le lien qui unit étroitement l’ennui à la condition humaine est forgé par deux éléments : la conscience et le temps.

Nous ne pouvons vivre et nous penser vivre en même temps. Soit nous vivons sans voir le temps passer, soit nous percevons le temps qui passe sans pouvoir intégrer son cours. La vie en pleine conscience semble ralentie ou arrêtée. Tous ceux et celles qui pratiquent la méditation le savent. Personnellement, je parle de la dilatation du temps.

La conscience du temps

Avoir conscience du temps, c’est avoir conscience d’être mortel et que ce moment se rapproche un peu plus chaque jour, chaque heure ou chaque minute, suivant notre condition de vie.

Cette notion de mortalité nous indique alors une limitation dans nos actions, de par cette notion de temps elle-même. Nous avons l’impression que nous ne pourrons jamais faire ce que nous voulons faire, ou qu’une action ne pourra jamais être menée à temps.

De ce fait, soit nous nous enfermons dans un mutisme, une sorte de fatalité, soit nous regardons ce moment présent comme un moment incroyable, un instant magique où, justement, tous les possibles existent.

Puis, il y a ceux qui ne se préoccupent pas de leur dimension mortelle et qui vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir. Mais à votre avis, peuvent-ils vraiment vivre sans penser à leur condition d’être mortel ? Jamais?

Non, ces êtres n’évitent pas leur condition, mais ils la trompent. Ils trompent l’ennui. Ils se créent une illusion de vie.

La conscience du temps, de son temps de vie, est une des clés les plus importantes qui permet à des êtres d’avoir une force mentale, une force psychique supérieure à d’autres.

Si demain c’était la fin ?

Echelle allant dans le ciel

  • Si vous saviez que vous alliez mourir ce soir, honnêtement, est-ce que vous payeriez une amende qu’un policier vous donne parce que vous ne vous êtes pas garé au bon endroit ou n’avez pas rempli votre petit papier de sortie pendant les temps de confinement ?
  • Est-ce que vous accepteriez d’exécuter une loi qui ne respecte pas vos valeurs ?
  • Et si ce même jour, vous étiez devant un juge au tribunal, est-ce que ses sentences auraient un poids sur vous ?

NON !

Vous seriez heureux, heureuse. Pourquoi ? Parce que vous découvririez la futilité de ce jeu, la futilité de ces mêmes personnes, et vous prendriez tout avec légèreté. Seul un sourire de compassion serait sur vos lèvres car vous comprendriez à ce moment qu’eux aussi ne sont que des pions d’une grande farce puis qu’ils cherchent eux aussi à tromper l’ennui, jouant un jeu dont il ne connaissent ni les règles ni le but.

D’ailleurs, n’est-ce pas pour cela que nous avons créé des règles car nous ne comprenons pas les règles? Oui ces êtres cherchent à se tromper eux-mêmes.

Se tromper soi-même

Etre dans l’action et agir.  Bouger, créer puis évoluer. Mais encore commander et réprimander. Enfin, projeter et spéculer. Telle est la manière d’être de l’homme et de la femme.

Ne pouvant demeurer au présent, ni au repos, nous nous inscrivons tout d’abord dans la représentation puis dans le théâtral et nous nous rendons présent par l’apparence puis par le regard de l’autre en nous nous appropriant ce regard comme faisant partie intégrante de notre identité. Cette identité qui elle-même se transforme à chaque seconde mais sur laquelle beaucoup d’entre nous se cristallisent. C’est d’ailleurs le cœur de l’une de mes formations : Self Mastery la Maîtrise de soi.

Par conséquent, les nouvelles formes identitaires de ces mêmes personnes ne peuvent jamais émerger. Et année après année, elles restent les mêmes et disent les mêmes mots. Elles aiment les mêmes choses et ont toujours les mêmes habitudes.

Si un jour on vous dit : «  Tu n’as pas changé, tu es toujours le même.  » alors prenez peur…
Cependant, le fait de ne cautionner que la représentation et  l’image de l’autre par exemple, montre notre incapacité à avoir un regard personnel susceptible de donner consistance à notre être.

L’ennui nous ramène à notre ” nous” profond

Main

Le philosophe allemand Martin Heidegger, décédé en 1976, a écrit « Comment sommes-nous devenus nous-mêmes à ce point insignifiants de nous-mêmes que nous ayons besoin d’un rôle ?

L’homme ne serait pas après tout, devenu ennuyeux à lui-même ?

L’ennui nous ramène à nous-mêmes. Lorsque vous êtes confiné chez vous, à quoi pensez-vous ? A vous, à votre vie, au sens de votre vie n’est-ce pas ? Mais creusez-vous ces questions jusqu’à les dérouler afin qu’elles viennent s’arrêter sur le mur qui représente le jour de votre mort ?

Par exemple : vous voulez vivre pour éveiller les consciences humaines et pour sauver la planète ou pour créer un nouveau monde? Est-ce que vos idées s’arrêtent à votre réflexion ou est-ce qu’elles vont s’immiscer dans chacune de vos cellules pour devenir omniprésentes dans votre vie afin que vous puissiez, au terme de celle-ci, mourir en paix, en accord avec vos valeurs et heureux d’avoir contribué à rendre ce monde meilleur ?

Trop souvent, nous évacuons ces pensées en faisant quelque chose d’autre. Ne rien faire est la pire des choses dans nos vies, n’est-ce pas ?

L’ennui : ” être un objet de haine”

Tromper l’ennui c’est donc, d’une certaine façon, se tromper soi-même. C’est également tromper la connaissance que l’on a de soi.

D’ailleurs étymologiquement, le terme ennui est lié au verbe « ennuyer», qui serait lui-même dérivé du bas latin inodiāre, venant de l’expression in odio esse qui signifie « être un objet de haine ».
Cette hypothèse bien connue en philosophie prend sa source dans cette origine sémantique.

L’ennui renvoie à la haine, et plus fondamentalement à la haine de soi. Donc quand nous n’avons plus rien à faire, nous sommes confrontés à nous-mêmes, au meilleur comme au pire de nous, à nos joies et nos peurs. Mais encore à notre finitude et notre condition de mortel. Et nous décidons de fuir…
Mais pourquoi nous attachons-nous à fuir ce à quoi nous ne pouvons échapper ?

Divertissement ou haine de soi?

Le divertissement désigne toutes les manières dont nous fuyons l’ennui. C’est le plus souvent associé aux activités frivoles qui nous permettent de nous soulager de la lourdeur des tâches sérieuses, de nous libérer un instant du quotidien.

Se divertir, c’est oublier ses soucis en se changeant les idées et se délassant. Mais de manière plus profonde, se divertir, c’est oublier ce sens de l’existence qui nous échappe. Mais encore, c’est oublier notre finitude tout comme l’insignifiance de nos actions quotidiennes. C’est oublier surtout que notre temps de vie est donné à des personnes qui ont écrit des lois dictant nos manières de vivre. Elles ont même découpé le temps en petites cases afin que nous puissions le voir défiler.

L’apprivoisement du confinement : Création de notre temps

Montre dans le sable pour ne pas s'ennuyer

Vous qui êtes confinés ou qui l’avez été, n’avez-vous pas retrouvé un autre temps lors du confinement : peut-être un décalage dans vos journées, dans votre manière de travailler, vos horaires pour manger ou faire du sport ? N’avez-vous pas, après quelques semaines, créé votre propre temps qui ne correspondait plus au temps de la société qui nous est imposé ?

D’ailleurs, pourquoi commencer le travail le matin pour le finir le soir ? Est-il nécéssaire de manger entre midi et deux ? Pourquoi chacun ne se donnerait-il pas son propre temps tel qu’il le conçoit, tel qu’il le ressent ?

Ce serait difficile me diriez-vous … La société dans laquelle nous vivons s’est construite ainsi. Mais n’existerait-t-il pas d’autres modèles de société ?

Regardez par exemple : l’ile norvégienne Sommaroy propose d’en finir avec ce concept futile et inutile qu’est le temps. Ses habitants veulent faire la première zone « sans heure » au monde. Juste une réflexion sur un monde qui va trop vite et qui utilise tous les divertissements possibles « de l’esprit » pour nous faire rentrer dans cette course folle contre la montre, perdue d’avance.

Se détourner de soi par le divertissement de l’esprit

Rubik cube pour combler l'ennuie

Étymologiquement, le terme divertissement, d’origine latine, désignait l’action financière consistant à détourner à son propre profit, une part de l’héritage.
C’est donc le fait de détourner. Mais détourner de quoi ?

Se présente alors la question du jeu. Le plus grand jeu est le jeu psychique, le jeu social par exemple qui nécessite l’adhésion à des règles arbitraires et plus globalement, le jeu de dupes dans lequel l’humanité semble embarquée.

L’étymologie de l’ennui montre un aspect terrible de la condition humaine : la haine de soi. Et l’étymologie de “divertissement” répond à cet aspect horrible de la condition humaine : se détourner de soi par le divertissement de l’esprit, de quelque manière que ce soit.

Cette haine de soi surgirait lorsque l’humain s’ennuie, c’est à dire lorsqu’il est face à lui-même, sans médiation.

Alors, faut-il comprendre que la vérité à laquelle ramène l’ennui engendre la haine ? Cette haine ne nous ramènerait-elle pas à la philosophie de Siddhârta Gautama, le Bouddha historique ?

Pour Bouddha, la souffrance fait partie de la vie et en trouvant les causes de cette souffrance, nous pouvons emprunter le chemin qui mène à la paix du coeur.

Faut-il comprendre que cette vérité est ce qui nous pousse à courir de plus en plus vite et de plus en plus nombreux, vers tout un tas de choses qui ne servent à rien d’autre que tromper l’ennui, en nous évitant de faire ressortir la haine en nous ? Et si cette vérité nous permettait de nous affronter nous-mêmes dans le plus grand silence, de nous confronter à notre souffrance, celle de l’ignorant de l’existence et de dépasser notre haine pour laisser émerger le plus beau en nous ?

L’utopie

Panneau utopie

  •  Imaginez 7 milliards d’êtres humains s’éveiller à eux-mêmes
  • 7 milliards d’êtres humains ayant dépassé leurs souffrances, leurs peurs, le regard de l’autre, qui s’ouvrent à l’amour de soi, le don, le partage.
  • Mais encore, imaginez 7 milliards d’êtres humains ne plus suivre les lois des hommes, mais les lois de la nature en étant simplement connectés à elle.

Ainsi, que resterait-il de toutes ces pseudos lois plus ou moins dictatoriales ? Que resterait-il des dirigeants, des hommes puissants qui veulent nous contrôler ? Rien ! Envolés en fumée, disparus !Mais non, ce n’est qu’une utopie. Reviens à la réalité Mika !

Alors pour cacher ce désarroi, ne construisons-nous pas du bonheur dans nos vies ?

Le bonheur, une grande illusion

Ce Bonheur est-il une construction mentale que nous avons choisie ou qui nous est suggérée ?

Faisons une petite synthèse : un passé qui n’existera plus et un futur qui n’est jamais là puis un présent que l’on fuit par peur de se rencontrer soi-même. Pouvons-nous vraiment être heureux ?

Dans de ce décalage entre une vie présente jamais ressentie dans son entièreté et une vie idéalement heureuse, il y a l’espoir.
N’est-ce par cet espoir que l’on nous offre encore et encore en nous proposant d’aller toujours plus loin, avec des nouvelles lois et des nouvelles technologies et des nouvelles modes?

Mais tout ça alors, n’est-ce pas une grande illusion, puisque, dès l’arrivée d’une nouveauté, nous pensons que ce que nous avons là, maintenant, n’a plus de sens, a perdu de la valeur et ne nous rendra plus heureux demain…

Dans cette dynamique, nous ne serons jamais vraiment heureux, car une fois que nous aurons atteint ce après quoi nous courrons, l’objet de nos désirs sera déjà dans un temps passé et nous serons à nouveau face à nous-mêmes avec cette grande question : que faire du temps qui nous est imparti ?

Comment parvenir au bonheur?

Femme heureuse devant un lac

La philosophie et la mécanique politique occidentales sont fondées sur l’idée que l’avoir est préférable à l’illusion. L’avoir et l’avoir plus, serait le plus sûr moyen de parvenir au bonheur.

L’ennui a une place paradoxale au sein de la société : il est refoulé, répondant à un désir caché et trop dangereux pour être assumé. Mais qu’est-ce qui nous empêche d’aller explorer en nous refusant la confrontation à nous-mêmes ? Quelle est donc cette vérité bonne à méconnaître ?

La drogue de l’esprit

Femme qui s'ennuie et qui est triste

L’ennui serait donc quelque chose d’immuable à l’être humain, une sorte de permanence en lui. L’ennui serait la source de la pathologie de la mélancolie.

Si le divertissement est un moyen d’échapper à l’ennui, l’ennui marque la fin du divertissement. Le divertissement n’est qu’un moyen, il ne divertit que par le fait qu’il détourne et seulement par ce fait. L’ennui fait état de ce qui est, tandis que le divertissement tend à autre chose, tentant de faire état de ce qui n’est pas.

L’actualité, par les différents médias, nous donne un exemple du rapport que l’homme entretient avec le temps. L’ennui est un problème actuel dans le sens où il est permanent.

Les médias, phénomène omniprésent dans nos vies actuelles

Les informations prennent aujourd’hui une place considérable dans notre environnement où les médias sont privilégiés et omniprésents. La télévision, la radio et les  journaux. Mais encore l’ordinateur, et le téléphones avec les  sms puis les réseaux sociaux … Ces outils intègrent désormais tous les espaces de la vie humaine.

Mais cette importance est remarquable par le fait que le contenu relaté dans ces médias n’est pas l’objet recherché. L’actualité ne s’attache plus tant à la signification des événements, c’est à dire à leur sens profond, qu’aux faits eux-mêmes.  L’objet de l’actualité n’a d’importance que dans son actualité même. Elle se résume au transfert d’informations sans signification et ne vaut que par sa dimension quantitative.

D’ailleurs nous le voyons bien, l’accumulation d’événements détachés les uns des autres qui se déroulent en continu devant nos yeux ou dans nos oreilles constitue l’univers du divertissement. Les informations nous divertissent en manifestant un changement qui n’est qu’apparent. L’information est renouvelée sans cesse par un discours hypnotique donnant corps à une succession de faits qui n’invite pas à la réflexion mais endort l’esprit.

D’ailleurs, le métier de journaliste aujourd’hui est devenu accessible à n’importe qui. Et l’on peut alors voir germer des chaines you tube, des blogs de personnes qui ne sont pas journalistes et qui apportent bien plus d’informations pertinentes qu’un journaliste qui cherchera à produire un article de plus et à conserver sa place.

Mais nous pouvons avancer que l’actualité sera toujours ennuyeuse dans le sens où elle ne fait que montrer l’échec à relater le changement. Regarder les informations n’est pas tant s’informer que se divertir, se détourner de l’instant dans lequel nous sommes en permanence. Et comme toutes les chaînes d’informations disent la même chose avec d’autres images ou d’autre mots, l’ennui pointe le bout de son nez avec l’impression de déjà-vu.

Ce que l’on peut se demander :

Nous pouvons nous demander s’il vaut mieux suivre des images qui défilent à l’écran, comme si l’on prenait des doses de cocaïne, des  tenus en haleine devant un rebondissement fictif, et un avenir imminent, une nouvelle qui va changer notre vie, ou bien nous ennuyer ferme devant la vérité criante d’une réalité immuable qui est la nôtre et qui échappe à nos désirs.

En fin de compte, dans les deux cas, nous choisissons l’ennui. Seulement dans le1 er cas nous perdons le contact avec la réalité, comme si nous prenions de l’héroïne pour sortir de la lourde réalité, alors que dans le second cas, nous prenons du LSD pour nous affronter et nous découvrir.

L’ennui et le syndrome de l’inutilité

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, était considéré comme un des plus grands romanciers russes. En 1849 il a été condamné à mort, mais au dernier moment il fut gracié. Il était persuadé qu’il allait mourir. Essayons de nous mettre dans son esprit, quelques minutes avant sa mort.

Quand il fut amené au poteau pour être fusillé, après avoir embrassé la croix que lui tendait le prêtre, il devait lui rester cinq minutes à vivre. Et ces cinq minutes « lui paraissaient un délai infini, une richesse incroyable». La brièveté du temps qui lui restait à vivre, dévoilait une longueur de temps dans laquelle il lui était possible de se poser.

Un scénario :

Imaginez-le calculer :

” 5mn:  Il me reste deux minutes pour dire adieu intérieurement à ceux que j’aime, une minute pour revoir ma vie et deux minutes pour réfléchir sur le sens de ma vie. Comment se fait-t-il qu’en ce moment, j’existe et que je vis puis que  je me sens pleinement vivant comme jamais je ne l’ai été auparavant et que dans 5 minutes, je serai autre CHOSE – je serai ailleurs, je ne serai plus de ce monde .
Mais je serai qui ? Je serai quoi et où serai-je ?

4mn :  Et s’il ne fallait pas mourir ? Et si l’on me ramenait à la vie ? Pourquoi cela doit-il finir ainsi ? La vie est incroyable, elle est riche, remplie de mystère. Quel gâchis ! Je ne le vois que maintenant !

3 mn :  Le monde autour de moi devient différent, tout prend sens, pourquoi me suis-je perdu dans tant de futilités ? Pourquoi n’ai-je pas suivi la voix de mon cœur ?

2mn:  Je ne gaspillerai plus rien, je le promets, laissez-moi vivre et je ne gaspillerai plus ce temps, je ne suivrai plus ce qui m’est imposé et je ne vivrai plus dans la peur puis  je ne combattrai plus l’ennui. Je serai moi chaque jour.

1mn :  Ok, que ça aille vite alors, n’attendons plus, que ça arrive le plus vite possible maintenant, laissez-moi partir, vite, maintenant ! »

Mais voilà qu’il est gracié !

À l’instant où il était certain de mourir, il est autorisé à vivre ! A-t-il profité de chaque dernière minute ? A-t-il vécu chaque instant pleinement, les a-t-il respirés ? Et bien non, il les a encore perdus car il semble « impossible de vivre, chaque moment présent ».

Ce qu’il se passe pour lui dans ses derniers instants de vie :

Homme qui va mourir

Dans ses derniers instants de vie, le condamné ne peut que tenir compte de sa vie toute entière. Il est au présent oui, mais au présent des choses passées, présentes et à venir.

Dostoïevski remarque d’ailleurs qu’un condamné ne s’évanouit presque jamais face à la mort. Dans un de ses livres, il a écrit ceci :

« Au contraire, C’est terrible comme votre tête est pleine de vie, Comme elle travaille, sans doute, fort très fort, ressemblant une locomotive en mouvement . Les pensées défilent. Vous savez tout, vous vous rappelez de tout ; c’est un moment particulier ; pas le moindre moyen d’oublier et pas possible de s’évanouir ! ».

Nous n’utilisons pas notre temps à bon escient :

sablier

Ce que nous raconte cette histoire vraie, c’est que nous perdons notre temps à courir après des futilités, nous perdons notre temps de vie à courir après les rêves et les désirs des autres. Nous nous perdons nous-mêmes à ne pas oser affronter notre colère et la haine cachée en nous et c’ est regrettable parce que l’énergie de cette colère, de cette haine de soi nous permet de transmuter toutes nos peurs et nos incohérences puis  nos doutes et notre ignorance en forces et amour.

Un vrai courage pour être soi

courage

Cela demande du courage pour être soi. Cela demande du courage pour vivre selon ses valeurs. Accepter les lois et les règles des autres si elles ne correspondent pas à nos valeurs demande du courage.

Ce courage, c’est regarder en face notre propre mort et faire chaque jour comme si c’était le dernier jour. Cela nous demande de comprendre que notre vie n’est pas inutile sauf si nous ne faisons  rien d’autre que suivre ce qu’on nous demande d’apprendre, de dire ou de faire.

Le drame de l’humanité est bien celui-ci. Elle souffre du syndrome de l’inutilité car elle ne s’est pas encore réveillée à elle-même. Pour que cela puisse se produire, nous devons toutes et tous, nous confronter à nos 5 dernières minute de vie.

Allons-nous attendre que cela arrive ou allons-nous l’anticiper ?

 

Mika Denissot

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